
Périgord Noir Sculpture
Montignac : le sculpteur Olivier Legay, premier prix à New York en 2000, ouvre une galerie face au Prieuré
Photo d'illustration : Mainstreet at Montignac at 1 June 2015 — Henk Monster, CC BY 3.0
Olivier Legay, sculpteur sur bois sacré à New York en 2000 pour une Vénus en châtaignier d'un mètre, a installé en juin 2026 une galerie à Montignac, en face de l'ancien Prieuré.
Il a commencé par un placard de chambre d'enfant, transformé en atelier. Aujourd'hui, Olivier Legay sculpte le bois en Périgord Noir et vient d'y retrouver, selon ses propres mots, un « retour aux sources » : une galerie à Montignac.
Selon le sculpteur, qui s'est confié dans un entretien publié le 31 octobre 2026, l'occasion d'installer cette galerie en face de l'ancien Prieuré s'est présentée en juin 2026. Il y voit la possibilité de travailler dans la paix et de s'exprimer par la sculpture.
D'un CAP d'ébéniste à un prix new-yorkais
Olivier Legay a passé un CAP de menuisier, puis d'ébéniste. Ces formations lui ont donné des bases techniques, mais il s'y sentait à l'étroit, lassé de répéter les mêmes gestes. Pour la sculpture, il se dit autodidacte.
Il revient en Périgord après quelques voyages. Enfant, il passait ses vacances à La Chapelle-Aubareil, où ses parents avaient une maison. Pour vivre, il entretient les bords de la Vézère.
Sa première exposition date de 1998, place d'Armes à Montignac : sculptures et tableaux.
Un concours international va tout changer.
En 2000, il apprend par hasard l'existence d'un concours de sculpture à New York. Il travaille alors à l'entretien du site de La Madeleine, immergé dans l'univers de la préhistoire. Il y envoie une Vénus en châtaignier d'un mètre de haut et remporte le premier prix. Un galeriste de Londres la vend.
Galeries, ferme du XVIIe siècle et remise en question
Des marchands d'art lui permettent ensuite de louer un lieu sur les hauteurs de Montignac et d'aménager une galerie dans la grange. Il expose à Saint-Paul-de-Vence, à Saint-Émilion et en Angleterre. Un prêt lui sert à acheter une maison à La Chapelle-Aubareil, mais les travaux dépassent ses moyens.
Avec Évelyne, rencontrée à cette période, il acquiert une petite ferme du XVIIe siècle dans le Limousin et transforme une étable en galerie. Le besoin de retrouver ses repères en Périgord revient pourtant.
Il détruit alors une partie de ses œuvres : sculptures, dessins, gravures, peintures. Il parle d'une sorte de burn out. Sa thérapie : peindre en plein air, devant un chevalet.
Restait à retrouver le chemin du bois.
Le couple reste 13 ans à Saint-Léon-sur-Vézère, dans différents lieux. Olivier Legay y revient à la sculpture et multiplie les expérimentations.
Une œuvre sans « ligne »
Châtaignier, chêne, orme, poirier, buis : l'artiste dit s'intéresser avant tout à l'expérience vécue avec un morceau d'arbre. Il cherche à faire passer « une âme », quelque chose de subtil de la nature.
Là où beaucoup de marchands attendent une « ligne », ses sculptures sont tantôt réalistes, tantôt suggérées, tantôt abstraites. On lui dit pourtant y reconnaître une unité.
Le processus de création consiste à désapprendre ceux qui ont été à un moment donné une référence.
Olivier Legay
Rodin a été sa référence de jeunesse, avant que son intérêt ne s'élargisse au cubisme et à l'art brut.
Olivier Legay travaille aussi sur commande. Il propose de petits bijoux en bois, bagues et pendentifs, dans sa nouvelle galerie de Montignac.


