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Le village de Tursac, Dordogne, France. Au fond, le château de Marzac.

Périgord Noir Oie IGP

Périgord Noir : l'oie du Sud-Ouest obtient trois IGP après 25 ans d'attente des éleveurs

Par Guillaume Castagné

Publié le · 2 min de lecture · Tursac

Photo d'illustration : Le village de Tursac, Dordogne, France. Au fond, le château de Marzac. — Père Igor, CC BY-SA 3.0

Foie gras, confit et viande : l'oie du Sud-Ouest est désormais protégée par trois IGP, et à Tursac, un éleveur de 3 500 oies attend son habilitation d'ici quelques mois.

Jusqu'ici, seul le canard du Périgord bénéficiait d'une indication géographique protégée. L'oie, pourtant bien présente sur les tables du Sud-Ouest, restait à l'écart. Ce n'est plus le cas : elle vient d'obtenir l'IGP pour l'oie grasse, le confit d'oie et le foie gras d'oie.

Cette reconnaissance, annoncée ces derniers jours, était attendue par les éleveurs et les producteurs depuis 25 ans. L'IGP, approuvée par la Commission européenne, a été créée en juin, selon la filière. Quinze éleveurs du Périgord, des Landes, du Gers et du Quercy sont déjà certifiés.

En vidéo · Comment la nouvelle IGP protège l'oie et le foie gras du Périgord face aux importations — France 3 Nouvelle-Aquitaine

À Tursac, dans le Périgord Noir, un éleveur n'a pas encore son sésame.

Simon Carbonnière élève 3 500 oies en plein air, selon un cahier des charges précis. Tout se fait sur sa ferme : élevage, abattage, cuisine, conserverie et vente. Il devrait recevoir son habilitation d'ici quelques mois.

Cette IGP est une reconnaissance de nos modes de production, qui sont artisanaux et ancestraux.

Simon Carbonnière, éleveur à Tursac

Que dit le cahier des charges ?

Ce texte a été rédigé par la filière elle-même. « Ça a été un gros travail de mise en commun des pratiques et des traditions », raconte Agnès Loth, directrice de l'association Palso, qui défend les produits de palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest.

Les oies doivent être élevées en plein air et nourries sans OGM. Leurs conserves ne doivent contenir aucun additif. Des contrôles vérifieront le respect de ces règles.

Reste la question de la provenance, au cœur de la bataille.

Depuis quelques années, de nombreux oisons arrivent de Hongrie, premier producteur européen. Certains sont mis en conserve en Périgord, ce que Simon Carbonnière qualifie de concurrence déloyale. Avec l'IGP, la provenance des oies devient 100 % Sud-Ouest.

Les chiffres donnent l'ampleur du déséquilibre : près de 225 tonnes de foie gras d'oie importées sont vendues chaque année en France, contre 50 tonnes produites dans le Sud-Ouest.

Ce que change l'IGP pour les consommateurs et les fermes

Selon Agnès Loth, l'origine « Sud-Ouest » est très réputée, et des produits ont pu porter la mention sans y avoir droit. L'IGP doit permettre d'écarter rapidement ces contrefaçons et de garantir l'origine au consommateur.

Simon Carbonnière met aussi en garde contre la Chine, qui développe une grosse production d'oie dont les produits pourraient, à terme, arriver sur le marché français. Son père Joël, éleveur à la retraite, voit dans l'IGP un moyen de conserver les petites exploitations comme la leur, qu'il a transmise à son fils.

Prochaine étape pour la ferme de Tursac : l'habilitation, attendue d'ici quelques mois.

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