
Périgord Noir Santé rurale
Saint-Julien-de-Lampon : une affiche créée par IA pour trouver un médecin
Photo d'illustration : Dordogne Carlux pont Rouffillac — Père Igor, CC BY-SA 3.0
Le médecin de Saint-Julien-de-Lampon prendra sa retraite en avril 2027 sans successeur à ce jour. Pour attirer un remplaçant, le maire Jérôme Neveu diffuse une affiche décalée conçue avec l'intelligence artificielle.
À Saint-Julien-de-Lampon, au sud du Périgord Noir, la mairie cherche activement un médecin. Le praticien de la commune, en poste depuis plus de vingt ans, cessera son activité en avril 2027. Il a mis en vente depuis plusieurs années son cabinet récent, qui comprend une salle d'attente, une salle d'examen et un bureau. Aucun repreneur ne s'est présenté.
Un ton volontairement décalé
Début octobre, Jérôme Neveu, maire de cette commune de 670 habitants élu en mars 2026, a choisi de miser sur l'humour. Il a conçu avec l'intelligence artificielle une affiche intitulée « docteur on a un problème ». Le message promet du travail au quotidien, puisque les habitants vivent longtemps. Il vante aussi la possibilité de descendre la Dordogne en canoë ou de ramasser des cèpes à 500 mètres du cabinet, et propose de partager un café au bar du village.
Pour venir en ruralité, comme chez nous, les médecins ne courent pas les rues
Jérôme Neveu, maire de Saint-Julien-de-Lampon
Le maire et ses adjoints diffusent l'annonce sur plusieurs canaux :
- des sites spécialisés dans le recrutement médical ;
- les facultés de médecine, auxquelles l'affiche est envoyée ;
- les réseaux sociaux ;
- le bouche-à-oreille, auprès des habitants et des propriétaires de résidences secondaires.
Pour faciliter l'installation, la mairie propose de louer un logement au futur praticien. Le médecin sortant serait aussi prêt à louer son cabinet si le candidat ne souhaite pas l'acheter.
L'inquiétude des patients
Plusieurs habitants sont déjà venus faire part de leur inquiétude au maire. Presque toute la commune consulte ce médecin. Une retraitée de Simeyrols, village voisin, le consulte depuis plus de quinze ans. Elle explique que les médecins les plus proches, à Carlux et à Salignac-Eyvigues, sont déjà surchargés. Elle devra sans doute se rendre à Sarlat ou à Vitrac, un trajet nettement plus long.
Ce départ ravive le souvenir du dentiste, parti il y a quelques années et jamais remplacé. Selon le maire, la situation pourrait évoluer d'ici janvier 2027 : un dentiste roumain s'est montré intéressé et doit rencontrer l'ordre pour valider son arrivée.


